LE HIBOU VOIT

LE HIBOU CONNAÎT

LE HIBOU CONTE

 

si on veut se retrouver

égarons - nous dans la forêt

 

 

 

 

Les forêts étaient d'immenes espaces sombres . Des bruits d'eau et de feuilles, cris d'animaux, odeurs de bois et d'herbe . Et des hommes à la nature sauvage libres dans la satisfaction de leur dèsirs .

 

Ensuite vint l'homme civilisé .

 

Générer des enfants pour avoir des bras, enfants qui mouraient comme des mouches, femmes qui mouraient sans medecins . Appartenences sans amour . Punitions cruelles . En hiver on veillait dans les étables chauffées par les animaux. Les femmes raccomodaient ou brodaient des pauvres trousseaux, les hommes réparaient les outils de travail .

Et on se raconte des choses avec des mots simples, en dialect ... les oreilles sont attentives .

A travers les histoires on enseignait : on apprenait le métier de berger ou de paysan, on apprenait à vivre dans cet environnement là, dans cette communauté là, toute petite, en observant d'une maniére disciplinée ses régles de vie matèrielle et morale.

La réalité et l'imagination populaire se confondent dans ces histoires-là: la connaissance, l'ignorance, la superstition, le sacré et la magie courent après les générations, elles courent à travers forêts et champs, à travers les saisons où l'on sème, où l'on récolte, elles trasmettent oralement les noms des lieux, les gestes lien au travill, les pas de danse, les comportements .

Histoires de bien et de mal, de désirs et de répressions, de tentations et de renoncements, de vérités et de mensonges, de subterfuges, de peines et d'espoirs ... et de quelques joies .

Histoires qui animaient le bois intérieur de chacun, sa propre zone obscure : les anges et les démons, sorcières et lutins, métamorphoses surprenantes, cortèges de défunts, monstres . Mais aussi des charmantes filles et des belatres galants, des chasseurs entreprenants, des princes, des violeurs sanguinaires et des vierges sacrifiées, des soldats qui rentrent et des nônes qui partent, des torts vengés, de l'exploitation d'enfants et de l'émigration mortelle.

 

En effet tout le monde ne passait pas l'hiver au pays à consommer sa récolte . On émigrait d'octobre à avril et on revenait avec quelques sous en plus .

France, Espagne, les grandes villes, les foires des villages recevaient la visite des forains, des chandronniers, des remouleurs, des réparateurs d'ombrelles, des rempailleurs de chaises, des charrons, de ceux qui distillaient la menthe, qui vendaient les anchois, des vitriers, des ramoneurs, des ramasseurs de cheveux féminins ... Et les jouers ambulants d'accordéon, d'orgues de Barbarie, de vielles ­à - roue, au sons des quels dansaient des marmottes dressées sur les fronts de mer de Nice .

Ceux qui prenaient des risques, ils pouvaient voir des choses nouvelles, différentes, c'était un ailleurs qui s'opposait au maintenant conservateur et à l'isolement de son village.

 

A l'epoque on ne vivait pas mieux que maintenant ... Peut - etre .

 

 

 

 

 

 

 

Le hibou grand - due est l'oiseau des ténèbres .

On pensait qu'iI était gourmand du sang des enfants .On pensait qu'il était le produit de la métamorphose des personnes méchantes, malfaisantes, conseiller et aide de confiance des sorcières . Il tombe sur ses proies avec un vol silencieux sans bruissement des ailes : souris, loires, mulots sont avalés entiers ... il vomit ensuite les os et les plumes .

Il n'est pas aveugle, ni borgne . Il voit le noir lorsque les autres ne voient rien : comme le savant qui veille la nuit et qui déchire l'obseurité de l'ignorance et ouvre la lumière de la connaiance .

 

Il voit tout, il sait tout . Il est très réservé, il est difficile d'obtenir sa confiance pour qu'iI puisse nous conter les histoires du bois .